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Washington semblait marquer des points vendredi pour assurer le ravitaillement de la force internationale en Afghanistan, obtenant, selon un amiral américain, l’accord des Ouzbeks et des Tadjiks, au moment où le Kirghizstan ferme une base militaire américaine clé.

« Chaque semaine, nous prévoyons de faire passer par les territoires de l’Ouzbékistan et du Tadjikistan vers l’Afghanistan entre 50 et 200 containers », a indiqué le contre amiral Mark Harnitchek, un haut responsable du département du transport de l’armée américaine en visite à Douchanbe, la capitale tadjike.

« Le Tadjikistan a donné son accord pour l’utilisation de ses routes et de ses voies ferroviaires (…) Nous avons obtenu l’accord de l’Ouzbékistan pour le transit », a-t-il ajouté à la télévision tadjike, précisant que les convois ne contiendraient ni armes, ni munitions.

La porte-parole de l’ambassade américaine à Douchanbe, Jackie McKennan a quelque peu modéré les propos du militaire américain: « les Tadjiks étudient la possibilité (du transit), ils sont ouverts. En gros, ils discutent ».

En Ouzbékistan, le ministère ouzbek des Affaires étrangères et l’ambassade américaine, contactés par l’AFP, se sont refusés à tout commentaire.

Si le Tadjikistan avait déjà donné début février son accord de principe au transit, l’Ouzbékistan ne s’est jamais exprimé sur le sujet. Mais le général David Petraeus, chef des opérations américaines en Irak et en Afghanistan, était à Tachkent cette semaine pour des pourparlers sur lesquels rien n’a filtré.

Le transit par ces deux pays d’Asie centrale frontaliers de l’Afghanistan est essentiel au ravitaillement de la coalition internationale luttant contre les Talibans, alors que le Kirghizstan a demandé la fermeture d’une base américaine, installation clé pour ces approvisionnements. Le président kirghiz Kourmanbek Bakiev a signé vendredi la loi votée la veille ordonnant le démantèlement de cette installation militaire américaine ouverte en 2001. Une fois Washington informé par voie diplomatique, les soldats américains auront 180 jours pour quitter le Kirghizstan.

Les Etats-Unis espèrent encore convaincre Bichkek de changer d’avis, tout en indiquant qu’ils ne paieront « pas n’importe quel prix ». « Nous ne nous sommes pas résignés à ce que cela soit le dernier mot », a lancé jeudi le secrétaire américain à la Défense Robert Gates.

La Russie, que les observateurs soupçonnent d’avoir poussé le Kirghizstan à fermer la base, a aussi donné son accord de principe au transit par son territoire des convois destinés à l’Afghanistan. Signe de l’avancée des négociations, un train avec du matériel américain pour les troupes de l’Otan est prêt à quitter la capitale lettonne, a appris l’AFP jeudi auprès d’une source proche de l’opération.

Le règlement de la question du transit vers l’Afghanistan est clé pour les Etats-Unis, le président Barack Obama ayant fait de la lutte contre les talibans sa priorité et ayant autorisé le déploiement de milliers d’hommes supplémentaires.

Actuellement, environ 80% de l’approvisionnement des troupes en Afghanistan (carburant, équipements lourds, etc.) est effectué à travers la passe de Khyber reliant ce pays au Pakistan. Mais les convois américains et de l’Otan sont régulièrement attaqués sur cette route par les insurgés talibans.

Moscou cherche pour sa part à regagner le terrain perdu sur les Etats-Unis depuis la chute de l’URSS et s’efforce d’imposer son influence en Asie centrale ex-soviétique.

Source : RTL Info

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