Encore une illustration du 2 poids 2 mesures en vigueur dans le monde : l’Iran n’a pas les mêmes droits que le Japon :

TEHERAN (AFP) — Le chef de la diplomatie japonaise Hirofumi Nakasone a affirmé samedi que son pays partageait les inquiétudes des grandes puissances sur le programme nucléaire controversé de l’Iran et a appelé ce pays à prendre des « mesures positives » pour régler cette affaire.

« Le Japon partage les inquiétudes de la communauté internationale sur la question nucléaire iranienne et veut que cette question soit réglée sur la base des résolutions de l’ONU », a déclaré M. Nakasone lors d’une conférence de presse conjointe à Téhéran avec son homologue iranien Manouchehr Mottaki.

« J’ai franchement dit que pour aboutir à des progrès dans les négociations avec les 5+1, la partie iranienne devrait prendre des mesures positives », a-t-il dit, en allusion aux cinq membres permanents du Conseil de sécurité (Etats-Unis, Chine, France, Grande-Bretagne, Russie) et de l’Allemagne.

M. Mottaki a cependant repoussé cet appel, affirmant que le programme nucléaire iranien était semblable à celui du Japon. « J’ai dit à mon homologue que le Japon avait passé des années à rassurer sur ses activités nucléaires et nous faisons la même chose. Au cours de toutes ces années, personne n’a demandé au Japon de geler ou suspendre ses activités ».

« Le programme nucléaire de l’Iran est légal et pacifique. Il devrait être considéré de la même façon que l’on considère l’activité nucléaire du Japon », selon lui.

L’Iran continue ses activités d’enrichissement d’uranium, malgré l’exigence de suspension contenue dans cinq résolutions du Conseil de sécurité de l’ONU, dont trois assorties de sanctions.

De nombreux pays, principalement les occidentaux, disent craindre que l’Iran ne détourne son programme atomique à des fins militaires, ce que Téhéran dément.

Le groupe 5+1 a souhaité en avril reprendre le dialogue avec l’Iran, interrompu depuis septembre, pour convaincre ce pays de suspendre son programme nucléaire.

L’Iran a répondu favorablement à cette invitation, tout en réaffirmant qu’il poursuivrait l’enrichissement d’uranium, un procédé qui permet d’obtenir aussi bien du combustible pour une centrale nucléaire que de la matière première d’une bombe atomique.

Le Japon a maintenu des relations politiques cordiales et d’importants liens économiques avec Téhéran après la révolution islamique de 1979, un écart peu fréquent de la diplomatie japonaise vis-à-vis de la ligne de l’allié américain.

Il s’était toutefois désengagé en 2006 d’un projet pour exploiter le plus grand champ pétrolier d’Iran en raison d’inquiétudes sur le programme nucléaire iranien.

Le président américain Barack Obama s’est engagé à tourner la page avec l’Iran. Il a pris le 20 mars l’initiative historique de s’adresser directement aux dirigeants iraniens, dans un message vidéo diffusé pour le nouvel an iranien, leur offrant de surmonter trente années de relations hostiles.

M. Nakasone a exhorté Téhéran à profiter de ces ouvertures. « Le gouvernement Obama envisage sérieusement un dialogue avec l’Iran, et l’Iran devrait, sans perdre de temps, entreprendre des démarches dans cette direction ».

Par ailleurs, l’Iran et le Japon se sont engagés, dans un communiqué, « à consolider leurs efforts communs en vue d’un Afghanistan stable, démocratique et prospère », en se concentrant sur la lutte contre le trafic de drogue et le contrôle des frontières.

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