ROME – Comme prévu, le nouveau chef de la diplomatie israélienne, Avigdor Lieberman, a préféré mettre l’accent sur le ‘danger iranien’ plutôt que sur les perspectives d’Etat palestinien lundi à Rome, première étape d’une tournée européenne qui l’emmènera ensuite à Paris, Prague et Berlin.

« Nous tenons à souligner que le plus gros problème au Moyen-Orient actuellement c’est l’Iran; un Iran qui devient nucléaire et qui devient, ou est déjà devenu, un facteur de déstabilisation pour le monde entier », a dit le chef du parti d’extrême droite Yisraël Beitenu.

Accusé de soutenir le Hamas palestinien et le Hezbollah libanais, l’Iran est considéré par Israël, à partir du moment où il se doterait de l’arme nucléaire, comme une menace contre l’existence même d’un Etat juif au Moyen-Orient.

« La compréhension pour les inquiétudes d’Israël doit être totale », a déclaré le ministre italien des Affaires étrangères, Franco Frattini, en rappelant que les pays occidentaux, et même les Etats arabes, s’inquiétaient de l’influence croissante de l’Iran dans la région.

Mais il a rappelé que l’Italie présiderait en juin une réunion du G8 sur le terrorisme, la drogue et le crime organisé aux frontières de l’Afghanistan et du Pakistan, et qu’elle entendait y associer l’Iran. « Nous ne parlerons pas du dossier nucléaire », a-t-il ajouté, en soulignant qu’il s’agissait de dossiers séparés.

Avigdor Lieberman a dit vouloir « promouvoir l’extension des relations avec l’Europe » mais l’Union européenne a décidé de geler ce processus en attendant que le nouveau gouvernement israélien, dirigé par Benjamin Netanyahu, s’engage à oeuvrer à la création d’un Etat palestinien.

« DÉCLARATIONS ET SLOGANS »

Le chef du Likoud a soigneusement évité de prendre un tel engagement et Lieberman lui-même a inauguré ses nouvelles fonctions le 1er avril en reniant la promesse faite en ce sens par l’ancien Premier ministre Ehud Olmert en novembre 2007 à la conférence d’Annapolis.

Interrogé sur ce point lors de sa conférence de presse commune avec Frattini, Lieberman a argué qu’il était trop tôt pour un gouvernement âgé de seulement cinq semaines pour « avoir tous ses projets diplomatiques prêts » mais il a promis de chercher à aboutir à une situation de « stabilité durable ».

« Nous avons l’intention de prendre l’initiative et de ne pas perdre notre temps à des déclarations et des slogans », a-t-il ajouté, réaffirmant que depuis les accords d’Oslo de 1993 les rencontres et propositions de paix n’avaient abouti « à aucun résultat concret ».

Si l’UE a pris l’initiative de geler le renforcement des relations avec Israël, elle attend la première rencontre entre Benjamin Netanyahu et le président Barack Obama, le 18 mai, pour savoir sur quel pied danser avec le gouvernement conduit par le chef du Likoud.

Le nouveau président américain s’est lui aussi engagé à oeuvrer « vigoureusement » en faveur d’une solution dite « à deux Etats » et le président de l’Autorité palestinienne Mahmoud Abbas a exigé qu’Israël s’engage sur cet objectif avant toute reprise des négociations de paix.

Avigdor Lieberman sera aussi attendu sur ce point lors de ses autres étapes européennes. A Paris, il sera notamment reçu par Claude Guéant, secrétaire général de l’Elysée, mais pas nécessairement par le président Nicolas Sarkozy.

« Je ne dis pas qu’il y a une condition, mais ce qui serait souhaitable quand même, c’est qu’Avigdor Lieberman se rallie aux décisions qui ont été prises par la communauté internationale, c’est la moindre des choses », a déclaré Claude Guéant dimanche au micro de Radio J.

Source : L’Express.fr

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